Chère Maman

Publié le par coccinelle

Chère Maman,

Tu sais, je suis vraiment fatiguée. Avec mes amis, on vient de passer deux mois à faire des choses dont je ne suis pas plus fière que cela. Mais je ne peux pas trop t'en parler. En ce moment, j'ai beaucoup de mal à ne pas me dégoûter. A tel point que le matin quand je me lève, j'ai envie de vomir.

Je me demande ce que tu penserais de moi si tu savais tout. Tu sais combien je t'aime et combien je serais malheureuse si tu te montrais trop sévère avec moi.

Pourtant, je te promets, j'essaie de faire de mon mieux. Mais c'est plus fort que moi. Il faut que je me laisse embarquer dans des trucs impossibles. Je ne sais pas dire non. C'est comme si ce n'était pas moi, tu vois. Je suis comme aspirée par tous ces copains. J'ai l'impression qu'ils me poussent, que je n'ai pas le choix, que je suis obligée de faire de plus en plus de choses qui me révulsent. Et en même temps, je finis par les faire.

Je n'arrive pas à comprendre pourquoi, finalement, je les fais presque avec plaisir. Crois-tu que je serais perverse ? Je voudrais tellement être quelqu'un de bien. En même temps, là où je suis, j'existe parce que je fais ce que je fais. C'est un peu une lutte pour garder sa place. Je suis connue comme ça, c'est bête. J'aspirerais tellement à faire des choses bien.

Tu sais, ce n'est pas toujours très facile pour moi. Je me demande souvent si je suis une bonne fille, et je m'inquiète toujours de savoir si je vais être à la hauteur. A la hauteur de quoi, on se le demande. Je suis fatiguée, Maman, très fatiguée.

Chère Maman, je suis très triste aujourd'hui. Et je voulais juste te dire à quel point je souffre. Je ne te demande pas de me plaindre. C'est une chose que tu n'as jamais su faire. Je ne te demanderai pas non plus de m'enlacer de tes bras pour me consoler.

J'ai l'impression que si je pouvais seulement pleurer longtemps, sincèrement, profondément, j'ai l'impression qu'après j'irais mieux. Mais je n'arrive même plus à pleurer. Je ne sais plus que faire semblant. Je crois que chaque jour qui passe, je m'échappe un peu plus à moi-même.

Est-ce que tu crois que tu pourrais m'aider, même seulement un peu ?

Je t'embrasse fort,
Ta fille qui t'aime.

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C. Audren 30/09/2008 16:34

Moi je me demande qui a pu se reconnaitre la dedans.

GuiGrou 29/09/2008 19:26

Chère Coccinelle,
Que puis-je faire pour toi?

FrédéricLN 28/09/2008 13:14

La grande différence entre militantes et militants politiques, traditionnellement, c'était que les militantes finissaient par tousser dans les pièces enfumées par six heures de négociations - elles sortaient, et les hommes se partageaient les postes entre eux.

Maintenant que ce sont les femmes qui fument, la différence se situe peut-être au soir des scrutins, les femmes diluent peut-être plus difficilement les résultats, bons ou mauvais, dans le rouge et la vodka.

L'exercice politique est difficile par nature - il n'y a rien à construire, rien que du "ôte-toi-de-là-que-je-m'y-mette". Ou pour reprendre le dicton : "avant moi, des incompétents ; après moi, des intrigants".

Bonne récupération de campagne à toutes les militantes, candidates, blogueuses, et en premier lieu aux "elle de" !

Cyril LAZARO 27/09/2008 20:25

Chère coccinelle,
J'espère que ce ne sont pas les élections départementales du modem du 27 septembre 2008 qui t'ont conduite à cet état maniaco dépressif.
Moi je t'aime et j'ai fait un voeu : celui de voir un jour des élections démocratiques.
Alors, chère coccinelle, je t'en prie, reprends ton vol pour que mon voeu se réalise.
Cyril LAZARO

Philippe95 27/09/2008 18:34

Chère Coccinelle,
je pense comprendre et peut être partager ce spleen.
Peut être est-il venu le temps de voguer vers :

"Voici venir les temps où vibrant sur sa tige
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !

Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.

Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige,
Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir ;
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige.

Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir,
Du passé lumineux recueille tout vestige !
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige...
Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir !"

Ca s'intitule "Harmonie du soir"